Atelier Happy Days : dés à coudre et quête de sens.

Dans l’Atelier, on pique et on coud en français, en anglais et toujours avec le sourire.

Claudine menait sa vie professionnelle tambour battant aux quatre coins du monde jusqu’au jour où son quotidien, pourtant paré de tous les atouts de la réussite, n’a plus comblé sa quête de sens… Elle s’était fait une place au soleil dans le marketing puis dans les ressources humaines, mais la couture – très présente dans sa jeunesse – va se rappeler à son bon souvenir. Il faut dire que ce bel artisanat, à nouveau très prisé des jeunes, contribue à renforcer la confiance et l’estime de soi, l’autonomie, l’épanouissement… Chez Claudine, on pique et on coud en français et en anglais s’il vous plait. Ce lieu, loin de rétrécir ses horizons car désormais très visité, a donné un nouvel élan à la vie de cette femme entreprenante dans l’âme. Sélectionnée pour participer aux Journées Européennes des Métiers d’Art, elle vient également d’avoir les honneurs des colonnes du Journal du Dimanche. Rencontre.

  • Quelles sont les activités pratiquées dans votre atelier ?

Dans mes murs, je donne des cours de couture aux enfants, aux ados et aux adultes. Je me déplace également dans des médiathèques, les résidences seniors, les entreprises… J’enseigne aussi l’art de la mosaïque. De plus, j’anime des cours dans le cadre de privatisations : à l’occasion d’anniversaires en particulier. Une de mes spécificités, je peux enseigner la couture indifféremment en français et en anglais. Grâce à ce sésame, je m’ouvre à d’autres cultures. Dernièrement, j’ai fait cours à des personnes indiennes, turques, mexicaines…

  • Quelles ont été vos motivations premières quand vous avez décidé de créer l’Atelier Happy Days ? Et d’ailleurs pourquoi ce nom ?

En le créant, j’ai choisi de faire ce qui me plaît. Je souhaite accompagner les apprenants dans la découverte de la couture puis les faire progresser et les amener vers un maximum d’autonomie dans la réalisation de leurs projets. Quelle satisfaction de voir mes clients se perfectionner, monter en compétence avec tant de fierté !

Lors d’un stage « Couture enfants » pendant les vacances scolaires, une élève de 10 ans m’a interpellée : « Claudine, pourquoi tu as appelé ton atelier Happy Days ? ». J’ai d’abord vérifié que tout le groupe connaissait le sens du mot happy, ce qui était le cas grâce à Happy Birthday ! Ensuite, j’ai expliqué que j’avais choisi de faire ce qui me plaisait, mais pas SEULE. Accompagnée de personnes comme elles : MOTIVÉES ! « Vous ne rentrez pas dans l’Atelier à cause de la lumière…. Vous êtes toutes et tous animés par une réelle envie d’apprendre ! »
C’est vrai : ces jeunes auraient très bien pu faire le choix de rester au fond de leur lit en pyjama pendant les vacances au lieu de se lever et d’apprendre à piquer droit, faire des cannettes dès 9 h 30 du matin !

Et je dois dire que cette volonté de partager et de transmettre a construit le succès de l’Atelier. Par ailleurs, même si la vie est belle, elle peut être courte ! Je suis convaincue qu’il faut savoir profiter des bons moments. Et vivre ses rêves.


« Happy days » à l’Atelier…
  • Quelles sont les principales difficultés et les satisfactions rencontrées durant la mise en place du projet ?

Les difficultés ? Elles ont été essentiellement d’ordre administratif… J’ai parfois été confrontée à des directives kafkaïennes et des institutions pas forcément très bienveillantes à mon égard. Venant du monde des Ressources humaines – où la rigueur s’impose – j’ai pris toutes les demandes administratives au pied de la lettre alors qu’il faut savoir prendre du recul, répondre en fonction de l’identité et des particularités de son projet. Avec le recul, je dirais que j’ai certainement fait preuve d’excès de zèle dans ma volonté de « bien faire », de me conformer à des demandes pas vraiment en phase avec la réalité ! Par ailleurs, l’ouverture de l’Atelier a été reportée en raison du Covid.

Heureusement, pendant la période de construction de mon projet, j’ai également bénéficié de nombreuses satisfactions ! Avec de belles rencontres grâce notamment aux structures d’accompagnement destinées aux porteurs de projets. À ce propos, je tiens à citer entre autres « Le Trente » de la Communauté d’Agglomération Paris-Saclay, son équipe engagée et toutes les formations de qualité qui nous sont proposées. J’ai également eu l’honneur d’être nominée au Concours d’idées à la création d’entreprise !

  • Entre les premiers jours de l’ouverture et maintenant, la perception de votre rôle au sein de la structure et celle de la vocation de l’Atelier ont-elles évolué ?

Mon rôle n’a pas forcément évolué. Je reste constamment à l’écoute et je constate que les clients ont besoin d’aide pour se projeter dans une réalisation, quelle qu’elle soit, alors je passe beaucoup de temps à confectionner des prototypes.

La vocation de l’Atelier n’a pas véritablement changé non plus, mais je ne pensais pas que les choses iraient aussi vite ! Quelle fierté d’être contactée par la Présidente de la Section Couture du CE d’un grand groupe qui souhaite privatiser l’Atelier un dimanche. Et cela moins d’un an après l’ouverture !

  • Les qualités développées durant la première partie de votre vie professionnelle vous sont-elles utiles dans cette nouvelle aventure ?

Sans aucun doute ! Notamment les qualités liées à l’organisation, à la méthode et à la rigueur indispensables dans le domaine des ressources humaines. L’aspect relationnel reste aussi prépondérant. Être à l’écoute, savoir déceler les besoins du client, savoir transmettre avec pédagogie en faisant preuve d’empathie, de patience et de souplesse… D’ailleurs, les nombreux avis Google rédigés depuis mon ouverture m’indiquent que je suis plutôt sur la bonne voie… Quelles que soient les circonstances, il faut adopter une attitude positive : je vous rappelle que je propose une activité « Plaisir » dont les bénéficiaires profitent après le travail.

  • Après quelques mois d’exercice, en toute sincérité, pouvez-vous tirer un premier bilan ou tout du moins nous faire part de vos premières impressions ?

L’Atelier constitue un véritable microcosme dans lequel les participants se montrent toujours enthousiastes, positifs et heureux de pratiquer la couture. Comme je l’ai dit, toutes et tous choisissent de suivre des cours sur leur temps personnel. Y compris ces messieurs, je le souligne. Parmi mes fidèles, je citerais Enzo, un jeune garçon présent le vendredi et qui a dernièrement réalisé un short. Il y a aussi ce duo « père-fille » dont l’élément masculin – un officier sous-marinier – apporte des rouleaux de voile de bateau afin de réaliser des pièces professionnelles. Des fanions par exemple… Des ingénieurs salariés de TotalEnergies veulent se lancer dans la confection de chemises…

En règle générale, mes élèves – petits et grands – sont curieux, ouverts aux échanges avec moi et avec les autres participants. D’autre part, quelle satisfaction d’entendre : « Claudine, je veux prendre du temps pour moi avec 3 cours pendant ma dernière semaine de congé maternité » ou encore : « Claudine, je souhaiterais privatiser l’Atelier le lundi de Pâques avec ma fille et ma petite-fille pour fêter son anniversaire ».
Toutes ces personnes possèdent un point commun : elles souhaitent prendre du temps pour elles-mêmes. À leurs yeux, la couture constitue une activité gratifiante et concrète qui les apaise, qui les nourrit intérieurement…

L’Atelier un espace accueillant et clair, particulièrement bien équipé, s’ouvrant sur un environnement verdoyant propice au calme et à la concentration.
  • De nombreuses personnes désirent créer leur propre entreprise, leur propre activité… Vous sentez-vous légitime pour leur donner des conseils ? Si oui lesquels ?

Oui, à présent je me sens légitime pour partager mon expérience ! Il faut avant tout croire à son projet et surtout en SOI. Il faut s’accrocher et ne rien lâcher, car ça demande du temps. Il faut être curieux, à l’écoute et savoir se remettre en question. « Go go go, you can do it ! »

  • Comment envisagez-vous l’avenir de l’atelier à court et long terme ?

En toute modestie, je dois dire que l’Atelier Happy Days possède de nombreuses pistes de développement nées de mes démarches et de mon obstination certainement. Comme je l’ai évoqué, TotalÉnergies fait maintenant partie de mes clients et je suis en passe de conclure un nouvel accord avec une autre entreprise d’envergure. Un proverbe chinois dit : « Je sème et je vais prochainement récolter le fruit mûr. » Ces quelques mots correspondent parfaitement à mon état d’esprit actuel.

Atelier Happy Days – 6 rue Henri Dubois – 91430 Igny
Téléphone : 06 31 25 88 35
Le site Internet de l’Atelier ICI
Le compte Instagram de l’Atelier ICI
L’Atelier en images ICI

François-Xavier Leclerc-Douchkine ou l’art de vivre d’un pas léger.

François-Xavier Leclerc-Douchkine photographié par Annabelle Dronne.

Pour François-Xavier Leclerc-Douchkine, le sport représente une véritable école de vie depuis son enfance. Dès le début de son parcours professionnel trépidant, il a eu à cœur d’appliquer les valeurs propres aux activités sportives dans chacune de ses entreprises. Si comme pour chacun d’entre nous son chemin n’a pas toujours été parsemé de roses – à sa façon et plus qu’aucun autre – il est devenu spécialiste dans l’art d’éviter les épines et de pratiquer la résilience. Entrepreneur infatigable, communicant dans l’âme, incorrigiblement rassembleur et détenteur d’un esprit d’équipe à toute épreuve, il exerce désormais ses talents au sein du groupe AXA côté cour. Côté jardin, il cultive sa fibre artistique, fruit d’un atavisme familial plutôt flatteur, qu’il évoque avec beaucoup d’humilité. Homme avenant et fédérateur, il a définitivement le goût des autres. Rencontre.

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Brigitte Prévost-Meslet, infirmière puéricultrice et militante de l’enfance épanouie.

Madame la présidente de l’Association Nationale des Puériculteur.rice.s et des Étudiants sait sourire à la vie.

Est-ce une résultante de son propre vécu ? Brigitte Prévost-Meslet, présidente de l’Association Nationale des Puériculteur.rice.s et des Étudiants, semble avoir l’enfance chevillée au cœur. Mieux que quiconque, elle sait l’importance des premières années dans la vie de chacun d’entre nous. Femme d’énergie et de conviction, elle a très tôt joint le geste à la parole quand il s’agit de soigner et de défendre les enfants. De son engagement passé à Médecins Sans Frontières, elle a tiré une précieuse expérience, ciment de toutes ses convictions et de sa légitimité quand elle prend la parole au nom de l’ANPDE. Si de l’Afrique à l’Asie en passant par la France profonde, elle s’est toujours dépensée sans compter pour servir sa noble cause, jouer du piano lui permet de se ressourcer et de se composer un quotidien tout en équilibre. Rencontre.

Parlez-nous de vous et du parcours qui vous a mené à la présidence de l’ANPDE ?
Je suis infirmière depuis l’âge de 20 ans. Et j’ai effectué mes études de puéricultrice à l’Institut de puériculture du boulevard Brune. Parallèlement, j’exerçais dans une PMI1 à Saint-Denis. Mon parcours ? À Paris, je travaillais dans un service de neurochirurgie quand une stagiaire m’a incitée à la suivre à une réunion de Médecins Sans Frontières. Et j’ai immédiatement été enthousiasmée. J’ai notamment apprécié la dimension apolitique de l’organisation. Et son côté laïc faisait aussi souffler un vent de liberté très précieux à l’époque. Ses ambitions résolument humanistes m’ont tout de suite motivée ! Sur le terrain, à travers le monde, on mettait tout en œuvre pour améliorer la santé de celles et ceux qui se trouvaient dans des situations de fragilité. Et hélas ! ces situations n’ont jamais manqué. Les guerres, les catastrophes naturelles, les populations déplacées entre autres… Mais je dois dire que d’un point de vue personnel, ces années d’apprentissage et d’implication au sein de MSF ont été véritablement extraordinaires ! Les notions de hiérarchie étaient assez gommées, on vivait tous ensemble et on côtoyait des personnes que l’on n’aurait peut-être pas eu la chance de rencontrer dans le cadre d’une trajectoire plus classique. Nous travaillions dans des contextes parfois très compliqués : ce qui nous obligeait à faire preuve d’humilité, à prendre en compte des intervenants aux tempéraments différents du nôtre… Nous étions amenés à partager nos pratiques professionnelles avec d’autres. Les équipes belges, en particulier, privilégiaient une approche globale des patients et à l’époque, c’était assez novateur.

J’ai effectué ma première mission à Port-Soudan. Là, il nous a fallu construire des dispensaires de nos propres mains ! On formait aussi des « locaux » au métier d’infirmier. e Comme la tuberculose faisait des ravages, on mettait en place le dépistage et bien entendu, on traitait les malades. On a également initié un travail de fond sur la malnutrition. Tout ça en un an. À noter que moi et les autres, nous n’étions pas salariés. Seulement indemnisés. Mais la passion qui nous animait nous aurait fait déplacer des montagnes ! Pour l’anecdote, le jour de notre départ, à la fin de la mission, nous avons laissé la place à un certain Jean-Christophe Rufin qui allait beaucoup faire parler de lui par la suite. Tant par son engagement dans MSF que par ses succès littéraires.

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365 jours dans la vie d’Annabelle et d’Anna Fea, sa poupée-création

Anna Fea se balade dans les rues d’Angers…

C’est l’histoire d’une performance artistique au long cours. Sur Instagram, durant 365 jours Annabelle embarque Anna Fea son « miroir déformant » ou l’expression de sa dualité pour un voyage à la rencontre de lieux improbables. À Angers, dans sa région, près de l’océan, ailleurs… Pendant cet audacieux périple en forme de clin d’œil à Amélie Poulain, chaque jour l’artiste-photographe s’astreint à mettre en scène sa poupée-création en convoquant d’heureux hasards et les références aux artistes qui peuplent son panthéon personnel. Manet, Courbet, Man Ray, Bettina Rheims, Botero entre autres…

Annabelle ?
Elle s’était déjà fait remarquer en inscrivant sa première grossesse au centre de son travail de fin d’études quand elle fréquentait les Beaux-Arts. Plus récemment, l’artiste s’est distinguée en signant les textes des chansons du groupe Estrella.
Sous ses airs posés et calmes, une puissante énergie créative bouscule en permanence cette femme si singulière et si peu frileuse. Du moins artistiquement parlant. Et Anna Fea lui a permis de canaliser pour un temps le magma qui l’incite régulièrement à se lancer des défis nouveaux.

Annabelle et Anna Fea devant le Cube, le bien bel endroit qui accueille l’exposition
(photo Michèle Engibault)

Anna Fea ? Autrement dit « Anna Moche » dans une traduction espagnole littérale…
« Mon prénom a parfois été lourd à porter… » constate Annabelle « Il sonne un peu comme une injonction à privilégier l’apparence. D’ailleurs, à l’image de beaucoup de femmes, longtemps je me suis appliquée à me conformer à cette demande si prégnante de la société. Heureusement, cette poupée, pas plus jolie que ça, a fait son entrée dans ma vie. Grâce à Anna Fea, pièce maîtresse de ce nouveau pari, je me suis libérée de nombreux carcans ! J’ai été au-devant des lieux et des rencontres les plus improbables, mais j’ai aussi fait la paix avec la petite fille que j’avais été. Anna Fea et moi, nous avons “baroudé” et nous avons fait du shopping. Nous avons affronté les vagues de l’océan et nous sommes allés ensemble chez le coiffeur. Certainement curieuse de nature, elle a adoré les visites dans les musées et notre rendez-vous chez la tatoueuse. Cette dernière ayant tenu à la gratifier d’un magnifique tatouage qu’elle arbore fièrement désormais »

Anna Fea après s’être rendue chez le tatoueur…

« Je suis ce que je fais » Louise Bourgeois
Cette phrase, Annabelle l’a fait sienne grâce aussi à son double un peu contrarié par moments. En effet, son long « compagnonnage » avec Anna Fea lui a permis de s’émanciper du regard des autres. Cette performance artistique – réalisée en partie durant le premier confinement – lui a également permis d’échapper à la routine. D’autre part, l’artiste a bien conscience que la poupée l’a amenée à exprimer des sentiments liés à l’intime.

Du quotidien dans l’art et de l’art au quotidien
L’intime ? Dans la vie d’Annabelle, la créativité se place toujours aux premières loges. Et depuis toute petite, elle se nourrit d’un monde imaginaire n’appartenant qu’à elle et qui sait la combler tout en la rendant plus forte. Dans ce cocon douillet, sa solitude s’apparente à de la joie. Tant que sa sensibilité peut s’exprimer, tant qu’elle peut partager ses enthousiasmes : tout va bien. Et pour elle, l’art se niche partout. Au MOMA de New York, au Louvre, mais aussi dans les scènes les plus banales de la vie de tous les jours. Pour peu que l’on y pose un regard attentif.

Annabelle et Anna Fea, deux personnages très spirituels.

Un voyage longue distance durant 365 jours : ça use, ça use…
Courir un marathon artistique durant 365 jours n’a pas toujours été de tout repos. Loin de là. Et Anna Fea, petite créature qui fleure bon le plastique, a fini par prendre beaucoup de place dans l’existence de sa compagne. À chaque jour s’imposait un impérieux devoir : accoucher de la bonne idée qui engendrerait la bonne image. Autant dire qu’à l’aube du 366e jour, Annabelle s’est sentie satisfaite, mais libérée.

Anna Fea en pincerait-elle pour l’anarchie ? 😉

L’adresse du Cube, lieu dans lequel se déroule l’exposition : 32, rue Maillé à Angers – Le site web pour les conseils pratiques avant de vous y rendre ICI
L’intégralité de la folle aventure d’Annabelle et d’Anna Fea sur Instagram @anna_fea2020

Festival de Confluences : récolte de bravos et jardins divers

Gabriela, chanteuse chilienne en concert dans le jardin de Brigitte Prévost le 20 juillet 2021*

Je vais vous conter l’histoire d’irréductibles Bouchemainois, habitants de Bouchemaine, jolie localité située près d’Angers… Tels de gentils Gaulois retranchés dans leur village, ils souhaitent défendre la culture dans une commune qui – selon leurs dires – a tendance à la négliger. Pour se faire, ils se constituent en association et présentent une liste aux dernières élections municipales. Leurs beaux espoirs sont vite douchés : les électeurs les renvoient à leurs doux rêves de beaux-arts en tous genres. Qu’à cela ne tienne : décidés à offrir le spectacle d’une opposition constructive, ils imaginent et mettent en place le festival de Confluences dont les représentations ont lieu l’après-midi ou le soir dans des jardins de particuliers accueillants. Tout au long de l’été, artistes et compagnies s’invitent chez des organisateurs de spectacle d’un jour qui eux-mêmes reçoivent comme il se doit des spectateurs enchantés. Contredisant les plus sceptiques, à mi-parcours, le succès semble au rendez-vous ! Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la Municipalité en place ne faisait grise mine… Rencontre avec Alain Le Gall, l’une des chevilles ouvrières de cette belle aventure.

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« Don’t cause franglais anymore, please ! »

Celles et ceux qui me connaissent le savent, dans ma vie de rédacteur, deux outils tiennent une place particulièrement importante : mon ordinateur et mon vélo. Grâce à ce dernier en particulier, je chemine par monts et par vaux, humant avec avidité l’air du temps afin de nourrir ma réflexion. Tenez par exemple l’autre jour… De retour d’une longue balade dédiée à l’observation des us et coutumes de mes contemporains, tenaillé par la faim, je pédalais avec empressement quand surgit sur ma gauche un véhicule de livraison rutilant, arborant en lettres capitales le nom d’une enseigne qui m’était jusque là inconnue : HARMONIE MÉDICAL SERVICE. Et là mon mauvais esprit n’a fait ni une ni deux : « En voilà encore qui nous servent la soupe indigeste qui consiste à mélanger des ingrédients anglais et français pour rattraper le train de la modernité toujours plus goûteuse et flatteuse quand elle est cuisinée à la sauce américaine » Car bien entendu, vous l’aurez noté comme moi, le français aurait voulu que l’on écrive Harmonie service médical.

Renseignements pris, cette enseigne se présente comme un fournisseur de matériel médical et chirurgical. Quand on connaît la réputation de certains pays anglo-saxons en matière de soins à la personne (suivez mon regard), on peut se demander quelle mouche a piqué celle ou celui qui a porté cette nouvelle activité sur les fonts baptismaux. Et quelle valeur ajoute-t-on à la marque grâce à cette mixture indigeste ?

« Oui à l’ouverture sur le monde… »

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« Bienvenue dans mon bar à couture ! »

Fabienne Jouet,
l’âme d’Étoffe de Soi, le seul bar à couture de la région d’Angers.

Avant d’en créer un, la notion de bar à couture a d’abord beaucoup interpelé Fabienne Jouet. Il faut dire que c’est un lieu où l’on peut pratiquer la couture dans les meilleures conditions grâce au matériel en libre accès et à l’espace dont on y dispose. Chacune et chacun peut s’y retrouver pour coudre en toute liberté. On vient pour acquérir de bonnes bases quand on est débutant, se familiariser avec des techniques nouvelles, se perfectionner, évoluer dans sa pratique. Et cela en toute convivialité. On vient aussi se nourrir du savoir des autres, partager son expérience, rompre avec une certaine solitude. Et puis la couture s’inscrit dans une démarche écoresponsable. Bien sûr, on peut confectionner un nouveau vêtement, mais on peut également relooker une robe, une veste, un manteau… Avec un peu d’imagination et de créativité, on peut même donner une seconde vie à des chutes de tissus, des rideaux un peu usagés, d’anciens draps, etc. Rencontre.

Il semble que vous ayez toujours eu l’âme d’une couturière…
Ma passion pour la couture remonte à ma plus tendre enfance… Ma mère, mes tantes la pratiquaient et moi, avec ma grand-mère, je confectionnais des vêtements de poupée. On m’avait même offert une machine à coudre ; je conserve d’ailleurs précieusement ce jouet sur une étagère du bar. Quand mes enfants étaient petits, avec eux, je créais des habits, des déguisements et puis j’ai été happée par mes obligations professionnelles dans un domaine qui n’a rien à voir avec la couture.

Fabienne Jouet : coudre passionnément et transmettre.

Au fil du temps, la passion a été la plus forte et mon envie de coudre s’est vraiment imposée à moi. Il fallait que j’y revienne. Finies la gestion administrative et la comptabilité : je voulais renouer durablement avec le bruit si caractéristique des machines à coudre ! Et faire du fil, des ciseaux, du mètre, du , du fer à repasser, des outils de mon quotidien professionnel au même titre que l’ordinateur ! Je souhaitais aussi renouer avec le plaisir de découvrir de nouvelles étoffes, éprouver l’exaltation qui s’empare de vous quand vous imaginez le vêtement qu’elles vont vous permettre de réaliser…

La création du bar à couture ÉTOFFE DE SOI a-t-elle fait évoluer votre pratique de la couture ?
Comme dans la vie en général, je m’investis à 100 % dans ce que j’entreprends, j’ai d’abord voulu bénéficier de solides formations dispensées par des professionnelles chevronnées afin de compléter mon expérience personnelle :
• FROU-FROU DE FEMMES avec Muriel BOUCHARD (Gardanne, entre Aix-en-Provence et Marseille),
• APP-H FORMATION avec Claire PLOQUIN KEZALY MARIAGE (Nantes),
• COUPE-COUTURE avec Edwige BRIDONNEAU (Angers).

Ces formations m’ont permis de conforter et d’optimiser mes savoir-faire. En particulier quand je veux réaliser moi-même un patron. Comme je souhaitais aussi mettre à l’épreuve mes talents de pédagogue, j’ai également fait du bénévolat auprès de jeunes intéressés par la couture.
Pour finir, j’ai pu bénéficier de l’accompagnement particulièrement efficace de la BGE Angers et du soutien très précieux de mon mari et de mes enfants pour démarrer sur de bonnes bases.

Pourquoi un bar à couture ?
J’avais déjà entendu parler de ces nouveaux espaces, mais l’opportunité d’acquérir un lieu particulièrement adapté à ce type de concept a été déterminante.
Étoffe de soi est situé :
• à quelques minutes d’Angers,
• à deux pas du centre-bourg de Verrières en Anjou,
• dans un environnement verdoyant et particulièrement calme avec parking gratuit sans aucune restriction. 

Quel est le principe de ce concept finalement assez nouveau ?
Qu’est-ce qu’un bar à couture ? Au départ, un lieu spacieux et confortable dans lequel on peut utiliser en libre accès tous les équipements indispensables à la pratique de la couture. Ici, chacun pourra disposer à sa convenance :
• des machines à coudre,
• des surjeteuses,
• d’un fer à repasser professionnel,
• de nombreux patrons,
• de tout le petit matériel nécessaire à la couture…

Et bien entendu, je mets des boissons à la disposition des participants.

Quels sont les principaux atouts d’Étoffe de Soi ?
Dans ce lieu spécialement conçu pour la pratique de la couture, en toute convivialité, on peut venir en solo, avec celles et ceux que l’on aime, ses copains, ses copines… Bref, avec qui on veut !
Autre aspect du bar à couture qui séduit les aficionados :
• la flexibilité, la souplesse d’utilisation, la liberté.
En prévenant, on peut profiter des créneaux horaires qui conviennent à son emploi du temps !
Mes habitués apprécient également autre chose :
• Il n’y a pas d’engagement contraignant à l’année. 

Vous accueillez indifféremment des débutants et un public plus expérimenté…
En plus du matériel en libre accès, je propose un accompagnement sous forme de cours non magistraux durant lesquels je vais enseigner des techniques particulières, partager des astuces, guider les participants quand ils souhaitent réaliser un projet en particulier. Même si j’ai à cœur de transmettre des savoir-faire qui peuvent être utiles, je fais également toujours en sorte de me mettre à la portée de chacune des personnes présentes. En fonction de leur niveau, de leurs attentes, de leurs envies. Les débutants, eux, vont particulièrement apprécier les ateliers Découverte et dans le cadre des cours, l’attention spécifique que je leur réserve.

Fabienne Jouet sait se rendre disponible : n’hésitez pas à la contacter !
  • Étoffe de Soi – Les Sapins – 49480 Verrières-en-Anjou
  • Téléphone : 06 43 74 40 05
  • www.etoffedesoi.fr
  • Le Facebook d’Étoffe de Soi ICI
  • Étoffe de Soi en images ICI

    Photographies : Jérémie Jouet

« La com’ Espaces Atypiques ? Vraiment j’accroche… »

L’autre jour, je pédalais paisiblement quand mon œil de rédacteur – toujours à l’affut des pépites rédactionnelles que nous propose trop rarement la production publicitaire – s’est fixé sur l’accroche et plus globalement sur une affiche signées par l’agence 4uatre pour l’enseigne ESPACES ATYPIQUES. Ladite enseigne spécialisée dans les transactions de biens immobiliers d’exception et d’expression (selon ses propres termes). D’emblée, cette apparition a suscité en moi un élan de sympathie irrépressible. À la fois pour le nom de marque. Et pour l’objet publicitaire qui s’offrait à moi. Au terme de mon périple, de retour chez moi, ma « machine à écrire » s’est immédiatement mise en route pour fixer à jamais mon bel enthousiasme. Et voilà ce qu’il en résulte.

ESPACES ATYPIQUES : un nom en or

Déjà, d’un point de vue de la création du nom ou du naming1 si l’on succombe aux anglicismes, on ne peut qu’être admiratif. Petit décryptage maison et à l’emporte-pièce de ce choix novateur qui a certainement dû batailler pour s’installer dans le paysage du marché immobilier mais qui épouse désormais l’air du temps avec une fougue insolente. Car je vous le dis comme je le pense : Nicole Joubert, Stéphane Plaza et les autres peuvent aller se rhabiller avec leurs patronymes un rien ordinaires. On baigne ici dans des eaux bien moins courantes.

Espaces d’abord…
Un mot qui sait accrocher l’attention des consommateurs actuels désirant tout sauf une vie étriquée et rétrécie. D’ailleurs, quand on les croise dans la rue, ces êtres si convoités des publicitaires semblent vouloir désespérément dire : « De l’air ! Donnez-moi de l’air pour chasser les virus inopportuns, échapper à l’étroitesse de ma cuisine actuelle, à la place si minime que l’on m’accorde dans les transports en commun, dans les ascenseurs et dans la société en général. De l’oxygène aussi pour oublier l’étroitesse d’esprit de mes voisins de palier. Oui, de l’espace en veux-tu, en voilà afin de permettre à mon ego de s’épanouir à l’envi à l’abri des regards inquisiteurs. Constamment malmené qu’il est par les méchantes et les méchants qui ne souhaitent qu’une seule chose : lui clouer le bec définitivement. La PAIX, j’exige que l’on me foute la paix quand je me calfeutre entre mes quatre murs atypiques ! Enfin, je revendique haut et fort mon droit à l’évasion, à des horizons nouveaux et au soleil comme s’il en pleuvait afin de faire la nique à la grisaille ambiante et au vertige du temps qui passe. Tout cela parce que je le vaux bien, vous comprenez ? »
À la vérité, mieux qu’aucune autre, l’enseigne dont on parle semble avoir saisi les nouvelles aspirations de ces chers consommateurs.
Atypiques ensuite.
En continuant à décoder leurs pensées, ces femmes et ces hommes de la rue assoiffés de bien-être immobilier ajouteraient sans doute : « Soyons clairs : pour m’offrir un bien immobilier digne de ce nom, je vais le plus souvent devoir inviter crédit, routine et conformisme dans mon cher way of life2 quand je n’aspire qu’à l’exceptionnel. Autant dire que pour avaler cette pilule si amère, j’ai sacrément besoin de savoir que l’originalité, la singularité, la particularité, la créativité (eh, eh…) résidera sous mon toit. » Elles ou ils confieraient aussi en catimini : « Mon nouveau T3 possède un je-ne-sais-quoi d’atypique qui va en faire craquer plus
d’un ! » Évoquant également avec une légèreté un peu feinte l’aspect délicieusement décalé de certains aménagements, histoire de raviver quelques rêves de transgression adolescente bien enfouis sous la couette en plume d’oie de la suite parentale. Ah ! Quand la parole de ces chers consommateurs se libère…

En résumé, en conclusion, en 2021 quand on souhaite prospérer dans l’immobilier, Espaces Atypiques, ça le fait. Partant bien sûr du postulat que l’enseigne ne sélectionne que des biens d’exception et d’expression de qualité. Car il faut bien l’avouer, une bicoque truffée de poteaux disséminés dans toutes les pièces ou un loft avec vue sur décharge publique constitueraient aussi en soi des espaces atypiques. Mais quand on opte pour une communication si brillante, on ne s’aventurerait jamais à décevoir ses clients, n’est-ce pas ?

Une accroche qui fait TILT, un slogan qui fait mouche.
Cela étant dit, revenons à nos moutons et à mon œil irrésistiblement attiré par l’affiche de l’abribus installé pas loin de chez moi… En vérité, c’est moins le nom de l’enseigne (qui pourtant m’enthousiasme au plus haut point, on le sait maintenant) que l’accroche, à l’origine du mouvement de mon globe oculaire prétendument avisé. Je cite le slogan qui fait certainement TILT dans toutes les chaumières atypiques de France et de Navarre : « Le banal est l’ennemi du bien » Et là, franchement, quand on est rédacteur et honnête homme, on applaudit des quatre mains3 à ce détournement majeur ourdi par une plume sacrément inspirée. Bousculer quelque peu une célèbre phrase généralement attribuée à Montesquieu pour aider Madame et Monsieur Tout le monde à dénicher leur prochain home sweet home4, ça vaccine du tout-venant. Et par cette astuce rédactionnelle, on épouse la marque et son identité pour une lune de miel quasiment éternelle. D’autre part, on est sûr d’obtenir une mémorisation optimale du message efficacement boosté par la popularité de la citation originale.
Et à propos d’ego, celui de ma consœur ou de mon confrère – dont les trouvailles sont certainement comme les miennes trop souvent reléguées au rôle de faire-valoir face à des visuels implacablement hégémoniques – se voit probablement ragaillardi par ce beau travail créatif dans lequel l’accroche domine. Du grand art signé par l’agence 4uatre qui – on le constate – se met en quête (et en quatre) afin de concocter les concepts les plus porteurs à ses clients.

Encore plus d’accroches au ton différent, encore plus de slogans accrocheurs.
Littéralement transporté par l’irruption de cette première pépite, j’ai voulu en savoir plus sur les Espaces Atypiques puis sur leur communication. Et à la vérité, je n’ai pas été déçu. En effet, j’ai découvert un véritable filon recelant bien d’autres petits bijoux rédactionnels à la gloire de ces agences immobilières d’un nouveau genre. Jugez plutôt :

  • « Défense de ne pas entrer »,
  • « Qui se ressemble s’assemble »,
  • « Jamais deux sans toit »,
  • « La curiosité est un charmant défaut »,
  • « Voir le Midi à sa porte » pour des biens situés dans la partie sud de la France,
  • « L’habitat ne fait pas le moine »,
  • « Loft story »…

Du grand art vous dis-je (ou presque), histoire d’offrir encore une marge de progression à l’agence 4uatre. Et on se prend à rêver… Si toutes les créations publicitaires exploitaient la même veine ? Celle qui consiste à tirer l’attention des consommateurs vers le haut quand on sollicite le plus souvent leurs bas instincts. Les campagnes de communication (re)deviendraient engageantes, attrayantes, pertinentes, amusantes, séduisantes, inspirantes quand elles nous servent trop souvent une cuisine triste et banale. Autrement dit l’ennemie du bien. Comme l’a si bien dit ce cher Montesquieu.

1. Pour les vilaines et les vilains qui pensent que l’herbe est toujours plus verte dans les campagnes anglo-saxonnes.
2. Oh le vilain.
3. Clin d’œil se voulant spirituel au nom de l’agence de communication.
4. Oh le vilain.

Le site internet d’Espaces Atypiques ICI
Le site de l’agence 4uatre ICI

« Des bons vœux, en veux-tu en voilà ! »

Avec cette jolie « Cinquecento » vintage,
BA comme Bonne Année, comme Bonne Action…

Soyons optimistes et considérons 2020 comme une simple parenthèse oubliable à bien des égards pour aborder cette nouvelle année dans les meilleures dispositions ! À savoir : calmes et détendus. Même si cet exercice requiert un soupçon d’inconscience dans le contexte actuel. On ne va pas se le cacher, l’optimisme, par les temps qui courent, constitue quand même un audacieux pari sur l’avenir.

Rédacteur indépendant – donc vivant depuis très longtemps dans une relative précarité – je ne peux de toute façon me permettre le luxe du pessimisme. Comme l’ensemble de mes consœurs et de mes confrères d’ailleurs. Et figurez-vous que cette année encore, au moment de marteler à nouveau les touches de mon clavier-complice, j’éprouve toujours la même impatience, que dis-je ? La même excitation à l’idée de traiter de nouveaux dossiers qui vont pour moi donner lieu à de nouvelles rencontres, de nouveaux échanges, de nouvelles aventures professionnelles et personnelles parfois.

En 2021, se gaver d’orange pour avoir la pêche ! 😉

Bref ! En 2021 toujours, je me réjouis d’avoir la chance de raconter les belles histoires :

  • des canards boiteux de l’école qui – une fois lancés dans la vie active – savent faire preuve de génie,
  • de celles et ceux qui innovent tout en respectant la planète et ses habitants,
  • des entrepreneurs dotés d’une belle ambition mais qui gardent le goût des autres,
  • de celles et ceux qui voient le verre à moitié plein quand d’autres le voient désespérément vide,
  • des clients indulgents qui applaudissent même quand je leur inflige des titres ou des jeux de mots faciles,
  • des têtes bien faites qui croient aux vertus de l’énergie,
  • des esprits futés convaincus qu’on ne gagne jamais grand-chose à exploiter les autres,
  • des cerveaux imaginatifs qui aiment réussir tout en se rendant utiles,
  • des adeptes de l’authenticité qui fuient la surenchère,
  • de celles et ceux qui préfèrent la bienveillance à la bienséance,
  • des bâtisseurs heureux d’apporter leur pierre à l’édifice d’une société plus harmonieuse,
  • des amoureux des « Cinquecento » et des Ford Mustang,
  • des petits malins qui tournent au moins 7 fois leur langue dans leur bouche avant de proférer un jugement péremptoire,
  • des disciples de Rousseau qui savent que la vérité est dans le doute,
  • des « Rastignac » féminins et masculins conscients que les conseilleurs sont rarement les payeurs…

À elles, à eux et à vous en particulier, tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

Pour l’amour des canards boiteux…
… Et la passion des Ford Mustang.

Photographies :

  • 1 : Josh Feiber pour Unsplash,
  • 2 : Niléane pour Unsplash,
  • 3 : Niléane pour Unsplash,
  • 4 : Nathan Trampe pour Unsplash

Claudie A, chanteuse de charme

Quand Mademoiselle chante…

Quand Mademoiselle chante le blues, le public en redemande. Quand elle prête sa voix à ce que l’on nomme généralement les musiques du monde, elle suscite l’approbation des spécialistes. Et quand elle s’empare de la langue de Molière, elle sait la faire swinguer aussi bien que son illustre collègue, Claude Nougaro. Avec les nombreux atouts que contient son jeu de scène, elle aurait certainement pu rafler la mise dans la Capitale. Préférant souvent l’ombre à la lumière, elle a délibérément choisi de vivre de son art en province, loin des faux-semblants du show-business. Décision qui ne comporte pas que des avantages. Heureusement, cette chanteuse de charme à la voix puissante mais délicate et sensuelle à la fois, possède plus d’une corde à son bel organe. Ce qui aide pour affronter les revers du destin. Rencontre enchantée avec une diva d’un nouveau genre, pétrie d’humour et d’humanité. Point d’orgue de ce moment de grâce : la dégustation partagée d’un délicieux plat de linguine.

Comment tout a commencé pour toi ?

J’ai été élevée dans le nord des Deux-Sèvres par mes grands-parents. Comme mes parents étaient très occupés – ils étaient boulangers – et qu’ils avaient beaucoup d’enfants, six avec moi, cela arrangeait tout le monde. Au dire de tous, j’étais assez mignonne mais surtout, j’étais une petite fille studieuse et qui réussissait très bien à l’école. Ce qui plaisait beaucoup à ma grand-mère qui aurait voulu faire des études. Elle était couturière et mon grand-père maréchal-ferrant. Lui issu d’une famille de propriétaires terriens. Mémé (qui vit toujours) pas vraiment châtelaine mais logée dans les dépendances d’un château qui a favorisé leur rencontre. Si on n’était pas très riches, on était à l’abri du besoin. Objectivement, j’ai eu une enfance plutôt heureuse, entourée d’affection. Et tout était fait pour favoriser mes dons. À ce propos, très tôt, j’ai été capable de déceler la moindre fausse note quand des membres de la fanfare dont faisait partie mon grand-père venaient répéter à la maison ! L’oreille musicale… Bien entendu, petite fille modèle, je fréquentais l’église et je chantais. Le reste du temps, je lisais des contes illustrés – ceux de Charles Perrault en particulier – pendant des heures et des heures. Bien à l’abri dans ma bulle de protection. Le tableau aurait pu être presque parfait s’il n’y avait pas eu un grand-oncle indélicat pour jeter son dévolu sur moi en abusant de mon innocence de gamine… La blessure a été certainement très profonde puisque je n’ai réussi à évoquer cet épisode douloureux de ma vie d’enfant sage que lors de mes cinquante ans. D’ailleurs, malgré l’atmosphère bienveillante qui m’entourait et peut-être à cause de ce lourd secret, j’étais hypersensible et je ne parlais pas beaucoup. Et déjà, l’injustice me rendait dingue ! À l’école, même si j’étais souvent la première de la classe, je prenais toujours parti pour les plus pauvres ou pour celles et ceux qui avaient des difficultés. Et que les instits mettaient parfois de côté. Par la suite, je pense que le chant m’a servi de thérapie pour exprimer toute cette douleur, toute cette violence, toutes ces émotions enfouies en moi !

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