
Claudine menait sa vie professionnelle tambour battant aux quatre coins du monde jusqu’au jour où son quotidien, pourtant paré de tous les atouts de la réussite, n’a plus comblé sa quête de sens… Elle s’était fait une place au soleil dans le marketing puis dans les ressources humaines, mais la couture – très présente dans sa jeunesse – va se rappeler à son bon souvenir. Il faut dire que ce bel artisanat, à nouveau très prisé des jeunes, contribue à renforcer la confiance et l’estime de soi, l’autonomie, l’épanouissement… Chez Claudine, on pique et on coud en français et en anglais s’il vous plait. Ce lieu, loin de rétrécir ses horizons car désormais très visité, a donné un nouvel élan à la vie de cette femme entreprenante dans l’âme. Sélectionnée pour participer aux Journées Européennes des Métiers d’Art, elle vient également d’avoir les honneurs des colonnes du Journal du Dimanche. Rencontre.
- Quelles sont les activités pratiquées dans votre atelier ?
Dans mes murs, je donne des cours de couture aux enfants, aux ados et aux adultes. Je me déplace également dans des médiathèques, les résidences seniors, les entreprises… J’enseigne aussi l’art de la mosaïque. De plus, j’anime des cours dans le cadre de privatisations : à l’occasion d’anniversaires en particulier. Une de mes spécificités, je peux enseigner la couture indifféremment en français et en anglais. Grâce à ce sésame, je m’ouvre à d’autres cultures. Dernièrement, j’ai fait cours à des personnes indiennes, turques, mexicaines…
- Quelles ont été vos motivations premières quand vous avez décidé de créer l’Atelier Happy Days ? Et d’ailleurs pourquoi ce nom ?
En le créant, j’ai choisi de faire ce qui me plaît. Je souhaite accompagner les apprenants dans la découverte de la couture puis les faire progresser et les amener vers un maximum d’autonomie dans la réalisation de leurs projets. Quelle satisfaction de voir mes clients se perfectionner, monter en compétence avec tant de fierté !
Lors d’un stage « Couture enfants » pendant les vacances scolaires, une élève de 10 ans m’a interpellée : « Claudine, pourquoi tu as appelé ton atelier Happy Days ? ». J’ai d’abord vérifié que tout le groupe connaissait le sens du mot happy, ce qui était le cas grâce à Happy Birthday ! Ensuite, j’ai expliqué que j’avais choisi de faire ce qui me plaisait, mais pas SEULE. Accompagnée de personnes comme elles : MOTIVÉES ! « Vous ne rentrez pas dans l’Atelier à cause de la lumière…. Vous êtes toutes et tous animés par une réelle envie d’apprendre ! »
C’est vrai : ces jeunes auraient très bien pu faire le choix de rester au fond de leur lit en pyjama pendant les vacances au lieu de se lever et d’apprendre à piquer droit, faire des cannettes dès 9 h 30 du matin !
Et je dois dire que cette volonté de partager et de transmettre a construit le succès de l’Atelier. Par ailleurs, même si la vie est belle, elle peut être courte ! Je suis convaincue qu’il faut savoir profiter des bons moments. Et vivre ses rêves.

« Happy days » à l’Atelier…
- Quelles sont les principales difficultés et les satisfactions rencontrées durant la mise en place du projet ?
Les difficultés ? Elles ont été essentiellement d’ordre administratif… J’ai parfois été confrontée à des directives kafkaïennes et des institutions pas forcément très bienveillantes à mon égard. Venant du monde des Ressources humaines – où la rigueur s’impose – j’ai pris toutes les demandes administratives au pied de la lettre alors qu’il faut savoir prendre du recul, répondre en fonction de l’identité et des particularités de son projet. Avec le recul, je dirais que j’ai certainement fait preuve d’excès de zèle dans ma volonté de « bien faire », de me conformer à des demandes pas vraiment en phase avec la réalité ! Par ailleurs, l’ouverture de l’Atelier a été reportée en raison du Covid.
Heureusement, pendant la période de construction de mon projet, j’ai également bénéficié de nombreuses satisfactions ! Avec de belles rencontres grâce notamment aux structures d’accompagnement destinées aux porteurs de projets. À ce propos, je tiens à citer entre autres « Le Trente » de la Communauté d’Agglomération Paris-Saclay, son équipe engagée et toutes les formations de qualité qui nous sont proposées. J’ai également eu l’honneur d’être nominée au Concours d’idées à la création d’entreprise !
- Entre les premiers jours de l’ouverture et maintenant, la perception de votre rôle au sein de la structure et celle de la vocation de l’Atelier ont-elles évolué ?
Mon rôle n’a pas forcément évolué. Je reste constamment à l’écoute et je constate que les clients ont besoin d’aide pour se projeter dans une réalisation, quelle qu’elle soit, alors je passe beaucoup de temps à confectionner des prototypes.
La vocation de l’Atelier n’a pas véritablement changé non plus, mais je ne pensais pas que les choses iraient aussi vite ! Quelle fierté d’être contactée par la Présidente de la Section Couture du CE d’un grand groupe qui souhaite privatiser l’Atelier un dimanche. Et cela moins d’un an après l’ouverture !
- Les qualités développées durant la première partie de votre vie professionnelle vous sont-elles utiles dans cette nouvelle aventure ?
Sans aucun doute ! Notamment les qualités liées à l’organisation, à la méthode et à la rigueur indispensables dans le domaine des ressources humaines. L’aspect relationnel reste aussi prépondérant. Être à l’écoute, savoir déceler les besoins du client, savoir transmettre avec pédagogie en faisant preuve d’empathie, de patience et de souplesse… D’ailleurs, les nombreux avis Google rédigés depuis mon ouverture m’indiquent que je suis plutôt sur la bonne voie… Quelles que soient les circonstances, il faut adopter une attitude positive : je vous rappelle que je propose une activité « Plaisir » dont les bénéficiaires profitent après le travail.
- Après quelques mois d’exercice, en toute sincérité, pouvez-vous tirer un premier bilan ou tout du moins nous faire part de vos premières impressions ?
L’Atelier constitue un véritable microcosme dans lequel les participants se montrent toujours enthousiastes, positifs et heureux de pratiquer la couture. Comme je l’ai dit, toutes et tous choisissent de suivre des cours sur leur temps personnel. Y compris ces messieurs, je le souligne. Parmi mes fidèles, je citerais Enzo, un jeune garçon présent le vendredi et qui a dernièrement réalisé un short. Il y a aussi ce duo « père-fille » dont l’élément masculin – un officier sous-marinier – apporte des rouleaux de voile de bateau afin de réaliser des pièces professionnelles. Des fanions par exemple… Des ingénieurs salariés de TotalEnergies veulent se lancer dans la confection de chemises…
En règle générale, mes élèves – petits et grands – sont curieux, ouverts aux échanges avec moi et avec les autres participants. D’autre part, quelle satisfaction d’entendre : « Claudine, je veux prendre du temps pour moi avec 3 cours pendant ma dernière semaine de congé maternité » ou encore : « Claudine, je souhaiterais privatiser l’Atelier le lundi de Pâques avec ma fille et ma petite-fille pour fêter son anniversaire ».
Toutes ces personnes possèdent un point commun : elles souhaitent prendre du temps pour elles-mêmes. À leurs yeux, la couture constitue une activité gratifiante et concrète qui les apaise, qui les nourrit intérieurement…

- De nombreuses personnes désirent créer leur propre entreprise, leur propre activité… Vous sentez-vous légitime pour leur donner des conseils ? Si oui lesquels ?
Oui, à présent je me sens légitime pour partager mon expérience ! Il faut avant tout croire à son projet et surtout en SOI. Il faut s’accrocher et ne rien lâcher, car ça demande du temps. Il faut être curieux, à l’écoute et savoir se remettre en question. « Go go go, you can do it ! »
- Comment envisagez-vous l’avenir de l’atelier à court et long terme ?
En toute modestie, je dois dire que l’Atelier Happy Days possède de nombreuses pistes de développement nées de mes démarches et de mon obstination certainement. Comme je l’ai évoqué, TotalÉnergies fait maintenant partie de mes clients et je suis en passe de conclure un nouvel accord avec une autre entreprise d’envergure. Un proverbe chinois dit : « Je sème et je vais prochainement récolter le fruit mûr. » Ces quelques mots correspondent parfaitement à mon état d’esprit actuel.
Atelier Happy Days – 6 rue Henri Dubois – 91430 Igny
Téléphone : 06 31 25 88 35
Le site Internet de l’Atelier ICI
Le compte Instagram de l’Atelier ICI
L’Atelier en images ICI
























